Assainissement autonome : Les 3 tendances post-covid

L’assainissement autonome n’a pas échappé à la crise du covid-19. A l’heure du dé-confinement, une certaine reprise s’amorce. Pour les mois de mai-juin 2020, la profession pourrait retrouver 60% de son activité normale. Entre la crise de la construction et la faible appétence des particuliers pour investir dans un assainissement en période de crise, le temps d’un recouvrement complet sera long. Nul besoin d’en dire plus pour comprendre que le secteur devra s’adapter, ou même se réinventer. Au cœur des premiers débats, trois tendances se dessinent.

L’assainissement autonome n’a pas échappé à la crise du covid-19. Avec le confinement, un grand nombre de contrôles, d’études et de chantiers ont été stoppés en raison de ruptures d’approvisionnement, de reports d’investissement ou dans l’attente de nouvelles règles pour intervenir chez les particuliers. L’ensemble des fabricants et distributeurs a mis en œuvre des mesures de chômage partiel et les Spanc ont été pour la plupart contraints de se limiter aux urgences.

A l’heure du dé-confinement, une certaine reprise s’amorce. Pour les mois de mai-juin 2020, la profession pourrait retrouver 60% de son activité normale. Entre la crise de la construction et la faible appétence des particuliers pour investir dans un assainissement en période de crise, le temps d’un recouvrement complet sera long. Nul besoin d’en dire plus pour comprendre que le secteur devra s’adapter, ou même se réinventer.

Au cœur des premiers débats, trois tendances se dessinent d’ores et déjà :

  1. Le retour au premier plan de l’enjeu sanitaire

La présence du Covid- 19 dans les eaux usées remet en pleine lumière la fonction première de l’assainissement : protéger avant toute chose les personnes contre les agents pathogènes qu’elles contiennent (helminthes, protozoaires, bactéries, virus). Il s’agit de confiner le risque d’exposition des usagers dans des cuves étanches ou sous la surface du sol.

Alors que c’est l’enjeu environnemental qui a prédominé ces 20 dernières années (large développement de dispositifs agréés sans évaluation précise de l’aspect sanitaire, développement du rejet en milieu hydraulique superficiel, etc ), un état des lieux serait utile pour mettre en évidence les différences d’impact sanitaire pour toutes les familles de produit, que ce soit sur le traitement de l’eau lui-même, la quantité de boues produites ou l’exposition aux eaux usées?

L’apparition d’éventuelles différences pourrait-elle à nouveau bouleverser le paysage de l’assainissement, tant sur le plan réglementaire que sur celui de l’innovation technologique ?

  1. Investir dans un assainissement durablement autonome

Le Grand Confinement semble avoir renforcé chez les Français leur attrait pour un habitat confortable et vertueux : une maison dans laquelle il fait bon vivre, avec un jardin et tout ce qu’il faut pour y retrouver un grand nombre de ses centres d’intérêt.

Prendre soin de sa maison ne serait plus seulement une envie personnelle ou une stratégie patrimoniale, mais aussi l’occasion d’organiser un lieu de vie dans lequel nous sommes susceptibles de passer de plus en plus de temps, pour travailler, organiser ses loisirs et sa vie sociale, faire son potager, prendre l’air. Si cette tendance se confirme, le budget consacré à la maison connaîtra un nouvel essor. Sous l’influence de l’écologie militante depuis de nombreuses années et à force d’anxiété liée au réchauffement climatique, les nouvelles dépenses se feront en cohérence avec la nécessaire transition écologique et solidaire. Ceci procède de la même logique que le manger bio, le consommer local ou le circuit court : une sincère aspiration à la recherche durable et accessible d’un bien-être respectueux de l’environnement. L’assainissement autonome devrait en bénéficier. Celui-ci pourrait donc à terme sortir gagnant de cette crise. Les produits les plus qualitatifs, qui permettent de préserver l’espace et nécessitent peu d’entretien (pour limiter les interventions extérieures) pourraient tout particulièrement tirer leur épingle du jeu. L’assainissement autonome serait-il enfin en passe de rentrer au cœur de la maison vertueuse ?

  1. Dématérialisation et connectivité

La violence de la crise covid va nécessairement nous apprendre à nous organiser pour que l’économie ne s’arrête plus lors d’une prochaine vague ou de l’apparition d’une nouvelle pandémie. Cela concerne aussi l’assainissement autonome, avec le prévisible développement de nouveaux outils digitaux pour le contrôle à distance des SPANC chez les particuliers.

Cela permettra d’éviter certains blocages, notamment pour le contrôle d’exécution des travaux d’un nouvel assainissement. Prenons l’hypothèse d’un SPANC qui n’est plus autorisé provisoirement à se rendre sur une propriété privée, il devient tout à fait concevable que l’installateur remplisse dans une application smartphone toutes les informations (cotes, photos) dont le SPANC aura besoin pour rédiger son avis de conformité. En revanche, pour les contrôles de fonctionnement à distance, il faudra attendre l’assainissement 100% connecté ! Fort à parier que les acteurs principaux du secteur y travaillent activement.

 

    Stéphane Bavavéas- Président EPARCO

 

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